© 2018 by io illy
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« Tu renaîtras, désir ! Et tu nous diras ton autre nom ! Désir, désir qui nous devance et nous assiste… ô toi qui fais crier au loin le sable sur d’invisibles seuils, et fais visible sur les eaux l’approche du message, ô toi le Précurseur et toi l’Annonciateur, ta quête est la plus vaste et tes voies sont multiples »…
 

Comment mieux évoquer l’Art d’Io Illy que par cette strophe de Saint-John-Perse ? Elle ourlait les clichés de Lucien Clergue réunis dans son recueil « Genèse » et, comme sous le regard du Maître Clergue, Io Illy ouvre par ses ondes, celles de sa chair, nue et infiniment pudique, celles aussi de ses brosses sur la toile, les portes de son âme.

Courbe d’un sein, courbe d’un élan qui s’envole, de bleus et de rouges sur le blanc du châssis, c’est le même enfantement.

Courbe invisible, mais pourtant tellement présente, du frisson qui explose dans les noirs, dans les blancs du cliché. Ailleurs, il pourrait être obscène, ici, il est précieux, timide, presque prude, tant il ne s’exhibe pas mais coule, cristallin, comme l’eau d’une source pure…

Io Illy n’est pas modèle. Elle interprète le chant de ses rêves, le cri de ses désirs, la mélodie de ses soifs, et s’abandonne à la contemplation du photographe qui n’est plus le metteur en scène, qui n’est plus le chef d’orchestre, qui n’est plus le scénariste, mais le témoin, privilégié, à qui échoit la mission de raconter, de transmettre ce moment de grâce qui lui a été confié…

« Ta quête est la plus vaste, et tes voies sont multiples »

Nue avec ses brosses, nue au clavier de son piano, nue éperdue dans les vibrations de son chant, nue sous le regard du photographe, nue dans le foisonnement de son jardin, de son verger, nue sur la pierre glaciale de décembre, nue, les mains pétrissant la glaise d’où, peu à peu, surgit une silhouette, nue sans les rayons de soleil, marchant sur la route déserte, elle est bien, à chaque instant, sur ces multiples voies, dans cette perpétuelle quête, la plus vaste, celle de son âme, celle de l’âme humaine.

Nue parce qu’elle ne porte pas de masque, nue parce que la vérité est nue, nue parce que la nudité est joie et elle est jouissance, nue parce que la nudité est belle. Infiniment…

Nue parce qu’elle est vivante…

C’est nue qu’elle parcourt ces multiples voies, ces multiples voix, parce que c’est en cette infinie humilité du dénudement que se construit et s’exprime l’unité de l’être.

Mettre ses pas dans les siens, sur les pages de son site, sur les murs des galeries où elle accroche ses toiles, dans le silence de son atelier, sous le ciel perpétuellement en mouvement de sa Bretagne est une expérience humaine unique à partager…

L’une des multiples voies de cette inextinguible quête, celle du Désir et de la Vie…